dents cheval poney

DENTITION DU CHEVAL

Pourquoi les équidés (chevaux, poneys,ânes) doivent ils voir le dentiste tous les ans? 

Le risque de caries chez les équidés est relativement faible; en revanche leurs dents poussent tout au long de leur vie. L'usure naturelle des tables dentaires lors du mouvement de mastication n'étant pas régulière, des pans d'émail peuvent apparaitre et provoquer de vives douleurs au niveau de la cavité buccale qui est richement innervée. Par ailleurs, comme chez l'humain, une malocclusion dentaire va avoir des répercussions sur tout l'ensemble musculo-squelettique. 

Le dentiste, après examen des dents, décidera si l'intervention est nécessaire, définira les soins dentaires à effectuer et vous prodiguera les conseils à l'entretien de la cavité buccale. 

Le cheval, comme tous les mammifères adultes, possède quatre types de dent: les incisives (I), les crochets encore appelés canines (C), les prémolaires (P) et les molaires (M). Les incisives supérieures sont implantées dans l’os incisif alors que les autres dents supérieures sont implantées dans l’os maxillaire.  Les dents inférieures sont elles toutes implantées dans la mandibule.

Chaque type de dent possède certaines caractéristiques morphologiques et une fonction spécifique. Ainsi, les incisives sont spécialisées dans la préhension et la coupe de nourriture, les crochets dans la défense et l’attaque et l’ensemble prémolaires/molaires dans la mastication.

 

Des dents surnuméraires fortement atrophiées, situées devant les premières prémolaires, peuvent persister à l’âge adulte. Elles sont appelées dents de loup sur le maxillaire et dents de cochon sur la mandibule (relativement rares).

 

Un espace appelé « barre » est situé entre les incisives et les dents jugales et permet la mise en place du mors au contact de la commissure des lèvres, utilisé pour le travail du cheval. 

Dentition cheval anatomie
les dents mastication
 

Formule dentaire

classification de Triadan

Tout comme l’être humain, le cheval est diphyodonte, c’est à dire qu’à une dentition lactéale, succède une dentition définitive qui est complète vers l’âge de 5 ans.

 

La dentition définitive d’un cheval mâle adulte se compose de 40 dents, voire 42 à 44 selon la persistance ou non des dents de loup et des dents de cochon: 3 incisives (pince, mitoyenne, et coin), 1 crochet, 3 prémolaires, et 3 molaires par hémi-arcade (10x4=40).

 

Chez les juments, les crochets sont généralement absents sauf exception, auquel cas la jument est dite « bréhaigne », ce qui porte leur nombre de dents définitives à 36 dents, voire 38 ou 40 dents selon la persistance ou non des dents surnuméraires.

 

La classification de Triadan est un système de numérotation universel utilisé par les vétérinaires qui attribue un numéro à trois chiffres à chacune des dents. 

Le premier chiffre définit l’hémi-arcade où se situe la dent : pour les dents définitives, 1 correspond au quadrant supérieur droit, 2 au quadrant supérieur gauche, 3 au quadrant inférieur gauche, et 4 au quadrant inférieur droite.

 

Les deux chiffres suivants correspondent à l’emplacement de la dent sur l’hémi-arcade en partant de 01 pour la première incisive jusqu’à 11 pour la dernière molaire.

 

Composition des dents

Les dents de lait du cheval sont, tout comme les dents humaines, brachyodontes c’est à dire à racine longue et couronne basse avec une éruption rapide et une croissance limitée dans le temps.

difference dent equine et humaine

En revanche, les dents définitives du cheval sont hypsodontes, c’est à dire qu’elles ont une couronne haute et une croissance continue qui se doit d’être compensée par une usure des tables occlusales lors du mouvement de mastication. Les dents poussent de 3-4 mm/an et ce jusqu’à l’âge de 15 ans. Passé cet âge, la croissance continue mais elle est nettement ralentie.

Les dents sont composées de tissus durs en périphérie (l’émail, la dentine, et le cément) qui sont principalement minéralisés, le reste étant constitué d’eau et de collagène, et de tissus mous en profondeur (la pulpe dentaire).

 

Les dents jugales, prémolaires et molaires, présentent une morphologie similaire. La face occlusale porte des excroissances dentaires, appelées cuspides, qui permettent le broyage des aliments. 

tables dentaires cheval
cuspides
 

Innervation des dents

La tête et la cavité buccale, connaissent un réseau très développé de nerfs, permettant d'envoyer vers le cerveau, différents messages, et naturellement des informations relatives à une douleur qui peut être très violente, et qui se traduira par des réactions anormales de l'équidé ou des manifestations qui peuvent paraitre anodines.

 

Les dents sont innervées par le trijumeau, nerf mixte essentiellement sensitif, par l’intermédiaire de deux des branches terminales de celui-ci :

  • le nerf mandibulaire qui est responsable de la sensibilité de la langue, du plancher buccal, des dents inférieures, de la joue entre autre ;

  • le nerf maxillaire qui est responsable de la sensibilité du voile du palais, des dents supérieures, du bout du nez… 

                              1 – Branche ophtalmique

                              2 – Branche maxillaire

                              3 – Branche mandibulaire

 

Le nerf trijumeau étant extrêmement ramifié pourra conduire des névralgies, et ce en un point éloigné de la source de la douleur (sommet du crâne, oreilles, cervicales...).

La possibilité de douleur d’origine strictement dentaire existe donc chez le cheval mais en pratique ce n’est pas celle qui se manifeste le plus souvent. En effet, on observe plutôt chez le cheval au travail des gênes ou des douleurs liées aux interactions entre les dents et la muqueuse buccale qui est richement innervée et très sensible et aux tensions musculaires provoquées par le réflexe d’évitement ou les blocages mécaniques.

 

innervation des dents
 

Occlusion des arcades

L’occlusion se définit comme étant le rapport entre les dents de la mâchoire supérieure et les dents de la mâchoire inférieure lorsque les arcades entrent en contact.

 

L’occlusion du cheval se fait en deux phases : l’occlusion incisive et l’occlusion jugale n’ont pas lieu simultanément mais l’une après l’autre. Les crochets, lorsqu’ils existent, ne participent pas à l’occlusion.  En revanche, ils peuvent jouer un rôle dans certains troubles lorsqu’ils sont coupants.

 

Les critères d’une bonne occlusion sont :

  • des contacts dentaires nombreux, symétriques et synchrones ;

  • absence d’interférences entre les différentes fonctions des dents : pas de contact des dents jugales lors de la phase d’incision et pas de contact du côté non travaillant lors du broiement des aliments.

 

L’équilibre du système occlusal est sous la dépendance de 2 paramètres :

la courbe de Spée : elle correspond à la légère courbure caudo-rostrale (tangente à la face occlusale) dessinée par le contact des prémolaires/molaires entre elles. Sur le plan fonctionnel, il est important que les mâchoires respectent une courbe de Spée parfaite pour assurer une occlusion efficace. Une courbe de Spée trop prononcée ou dont l’équilibre est rompu par des excroissances dentaires encourage des obstacles occlusaux gênant les mouvements fonctionnels.

l’angle de Wilson : angle formé par la direction des deux arcades molaires (21°-22,5°). Les arcades supérieures sont incurvées et convexes en dehors tandis que les arcades inférieures sont plus resserrées et rectilignes.  Les molaires supérieures saillent en dehors des molaires inférieures et s’y opposent selon un plan descendant de dorsal vers ventral et de médial vers latéral. Plus l’angle est important, moins le mouvement de mastication a d’amplitude et moins l’usure des dents sera complète sur la face occlusale. A l’inverse, moins l’angle est important, plus l’amplitude du mouvement de mastication est grande et plus l’usure des dents sera complète sur la face occlusale. 

courbe de spee
angle de wilson